ECLJ:Culture de mort : l’expert de l’ONU persiste

Culture de mort : l’expert de l’ONU persiste

Chère Madame, cher Monsieur,

Vous vous souvenez peut-être du message émouvant de Charlotte Fien, cette jeune femme trisomique qui a courageusement répondu à M. Ben Achour, un expert du Comité des droits de l’homme des Nations unies qui recommandait que tout soit fait pour éviter la naissance des personnes telles que Charlotte. Se permettant de juger la valeur de la vie des autres, il voulait faire de l’eugénisme un droit de l’homme au nom même du droit à la vie.
Il avait fait cette déclaration alors que ce Comité d’experts travaillait à la rédaction d’une nouvelle interprétation officielle du droit à la vie en droit international. L’ECLJ avait soumis une contribution écrite à ces travaux.

Le message de Charlotte Fien a ému des milliers de personnes dans le monde, conduisant Monsieur Ben Achour à répondre. Dans un texte publié sur son blog, il confirme son engagement en faveur d’un droit à la suppression prénatale des « enfants à naître » handicapés, tout en se déclarant contre l’eugénisme, sans y voir de contradiction, et regrette que ses propos aient provoqué une polémique.

Se présentant en « défenseur des droits de l’Homme » contre les « partisans extrémistes des droits de dieu », il estime que les personnes attachées au respect de la vie de tout être humain, quel que soit son état de santé, sont « hostiles, dans leur principe même, aux droits de l’Homme » ; que « [l]eur attitude remet en cause l’intérêt du dépistage et du diagnostic prénatal de certaines maladies et malformations. Elle est tout simplement à contre courant du progrès scientifique. » Enfin, réagissant à notre article dénonçant « le retour de la culture de mort », il n’a d’autre réponse que de dire qu’ils « ne savent pas ce qu’ils disent. »

Nous devons répondre à son message, car c’est bien de la « culture de mort » dont il s’agit : cette même culture matérialiste et eugéniste qui a été rejetée en 1948 –après les crimes nazis– par les rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme lorsqu’ils ont proclamé la dignité inhérente de toute personne, quels que soient sa race et son état de santé. À aucun moment ils n’ont déclaré que la vie humaine et la dignité ne débuteraient qu’à la naissance ! Au contraire, alors qu’un expert proposait d’inclure des exceptions au droit à la vie afin de permettre la « prévention de la naissance d’enfants handicapés mentalement » et d’enfants « nés de parents souffrant de maladie mentale », les rédacteurs s’y opposèrent, l’un d’entre eux objectant la similitude de cette proposition avec la législation nazie*.

La position de M. Ben Achour et de quelques autres membres du Comité est encore plus extrême : ils ne veulent pas seulement laisser aux États la possibilité de légaliser l’eugénisme prénatal, mais les y contraindre par une nouvelle obligation de droit international. Finalement, si cette position prévaut, les pays qui, comme la Pologne, ont entrepris de combattre l’eugénisme et s’engagent en faveur de l’accueil généreux des personnes handicapées seront condamnés.

Pour l’ECLJ, le véritable progrès des droits de l’homme ne consiste pas en la systématisation de l’élimination des plus faibles, mais en l’amélioration de leur accueil par la société, se souvenant que notre humanité n’est pas réductible à notre état de santé. Nous attendons avec impatience le jour où ce même Comité des droits de l’homme s’engagera en ce sens. D’ores et déjà, nous avons la satisfaction de voir qu’un autre comité de l’ONU, le Comité des droits des personnes handicapées, affirme que « [l]es lois qui autorisent explicitement l’avortement en raison d’un handicap violent la Convention des droits des personnes handicapées. » et qu’elles perpétuent « le préjugé selon lequel le handicap serait incompatible avec une vie heureuse ».

L’élimination des plus faibles est la solution de facilité des plus forts. Nous sommes tentés d’y voir un progrès de l’humanité, croyant ainsi la débarrasser de son imperfection. Mais cette solution brutale est plus animale qu’humaine : c’est ainsi que se comportent certaines bêtes entre-elles. À cette conception matérialiste de l’humanité, il faut répondre sans relâche que le propre et la noblesse de l’homme est de dépasser cette condition animale en faisant preuve d’amour plutôt que de cruauté. Finalement, c’est à cela que doivent servir les droits de l’homme.

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Les travaux du Comité des droits de l’homme sur l’interprétation du droit à la vie vont reprendre ce mercredi 28 mars à 10 heures. Ils peuvent être suivis sur la web-tv de l’ONU.

Bien cordialement,
Grégor Puppinck.

*Proposition du Groupe de travail de la Commission sur le statut des femmes, Travaux préparatoires, E/CN.4/SR.35, p. 1266
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